• Notre visite a consisté à faire connaissance de l’Okapi en captivité. Un bon nombre des questions ont été posées notamment sur son comportement, sa longévité, comportement reproductif ainsi que la connaissance du régime alimentaire de l’Okapi vivant en captivité
    Comportement
    L’Okapi avec un long cou, des longues pattes et un gros cœur ne peut pas se courber pendant le broutage au risque d’hémorragie. Ainsi, pour nourrir l’Okapi en captivité, le fourrage lui est suspendu à plus ou moins 2 m de hauteur. C’est un animal solitaire et timide. Il n’aime pas le bruit et n’a pas de cri spécifique. En captivité chaque Okapi occupe ainsi son enclos. La femelle pèse entre 300 à 350 kg tandis que le mâle pèse entre 250 à 280 kg.
    Longévité
    14 Okapi vivent actuellement en captivité dans la réserve de Faune à Okapi d’Epulu. 9 okapi sont nés en captivités tandis que 5 ont été capturés. Difficile de donner la longévité de l’Okapi car aucune donnée n’est encore disponible pour les Okapi tenue en captivité à Epulu.
    Chaque Okapi a reçu un nom ; c’est le cas par exemple des Okapi MAISHA, STEVANA et GILUKA. Ce dernier est né le 20 aout 1992. Son nom provient de Gillman, Lucas Karl Ruff, les 3 personnages fondateurs du GIC. Parmi eux, seul Lucas est encore vivant ; STEVANA est aussi né en captivité en 1993.
    L’Okapi au nom de KURUDI a vécu en captivité durant 14 ans mais a été remis en liberté il ya 4 ans. La cause en a été son âge avancé.
    Comportement reproductif
    Un couloir de liaison permet à l’Okapi femelle de se rendre vers le mâle lorsqu’il est en chaleur pour l’accouplement. La grossesse dure 14 à 15 mois à l’issue de laquelle nait un bébé de 25 kg. On ne connait pas à l’heure actuelle le nombre de fois qu’un Okapi peut mettre bas.
    Régime alimentaire
    L’alimentation d’Okapi en captivité est principalement constituée d’une trentaine d’espèces sélectionnées parmi une centaine d’espèces végétales sélectionnées selon le critère de préférence.
    Une équipe de 48 personnes (Bantous et Pygmées) ont chaque matin la charge de récolter en forêt les parties tendres des plantes de 32 espèces sélectionnées. 32 bottes correspondent à 32 espèces différentes récoltées chaque matin en vue de permettre à chaque Okapi de profiter d’une ration diversifiée en espèces. L’animal est nourri 3 fois par jours avec la même ration.
    La quantité journalière de consommation de chaque Okapi est connue et s’élève à 25 kg dont 5 kg le matin à 5 h 30 et 20 kg répartis entre 11 h30 et 15 h 30.
    Chaque Okapi boit jusqu’à 200 l par jour surtout les femelle gestantes, les mâles ne boivent pas beaucoup, 40 l suffisent.


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  • Moi et le conserateur du mont Hoyo Mr Kipiri à l'interieur de la grotte Talatala

    Nous partions de Beni (nord-Kivu, RD Congo) le 15 mai 2009 à bord d’une LandRover, sur la route Beni vers le mon Hoyo à 7 h, et déjà vers 10 h, nous nous retrouvions à hauteur du km 113 de la route de Beni - Kisangani. C'est une route actuellement à très bon état. Nous roulions à une vitesse moyenne de 80 à l'heure.

    De là, un tronçon routier de 13,5 km dirigé vers l’est, à travers la forêt, atteint le Mont Hoyo, petit massif de 12 km de long, 6 km de large sur une tranche altitudinale de plus ou moins 500 m.

    Celui-ci comporte un grand nombre de grottes que les indigènes Walese désignent sous le nom de « Homa » d’où le nom de Mont Homa qui lui est souvent donné. Il vaut cependant mieux lui conserver son nom de Mont Hoyo à moins qu’on ne dise « Mont des Homa ».

    La découverte des premières grottes remonte de l'époque coloniale; elles ne furent étudiées, pour la première fois, dans leur remarquable ensemble qu’en 1943 par l’ingénieur géologue Ruscart, prospecteur au service du Syndicat d’Etudes du Nord-Est congolais. C’est donc ce technicien qui signala l’importance des gisements de guano tapissant les nombreuses grottes. Un premier dépôt, celui de l’Atshobaki, avait été révélé, en 1941, par le Comité National du Kivu mais il n’avait pas fait l’objet de recherches plus approfondies. 

    Le massif du « Hoyo » est formé, de la cote 1000 à la cote 1130, de grès gris ou rougeâtres : de la cote 1130 à la cote 1345 de dolomies diverses ; plus haut, de bancs de schistes très laminés et minces ; enfin, au sommet, de grès et, dans les parties les plus élevées (1450 m), de dolomies bleues.

    Les grottes, qui se répartissent sur toute la périphérie et à mi-flanc du massif, principalement aux étages 1100 et 1200, sont la conséquence d’une érosion souterraine. Jusqu’à ce jour, 26 grottes principales réparties en douze groupes ont été mises à jour, mais il en reste un certain nombre non encore bien explorées et non accessibles au public ; il est possible que de nouvelles découvertes soient faites, le mont Hoyo étant une véritable éponge.

    Certaines de ces infractuosités sont remplies d’une couche de guano (de chauve-souris) d’une épaisseur d’environ 12 m ; toutes en contiennent une quantité plus ou moins grande. On estime la réserve d’engrais à environ 30000 tonnes ; toutefois une estimation plus exacte reste à établir. L’ensemble des monts du Hoyo (alt. 1300 à 1500 m) représente une valeur touristique de premier ordre. Il est parcouru par de très nombreux ruisseaux et ruisselets à thalweg très encaissé, dont le cours est entrecoupé de chutes remarquables et de passages souterrains. La forêt voisine groupe des arbres admirables, véritables géants, dont la hauteur moyenne s’établit à près de 22 m ; les arbres de 40 m de haut ne sont pas rare.


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  • Je suis né à Ngweshe territoire de Walungu, sud-Kivu, RD Congo, le 10 mars 1959. Nous arrivons à Bukavu en 1961, je n’ai rien vécu de tout ça. Ma conscience commence à s’éveiller entre 1963 et 1964, j’ai des souvenirs encore vagues mais je me souviens que nous habitions Bukavu, à NYAMUGO, près du grand marché de Kadutu dans une maison en étage de fond d’avance de l’Office National de Logement (ONL). Je ne connais pas exactement les raison de notre déguerpissement dans cette maison, je me souviens seulement que j’avais eu, pour ma part, à transporter un fer à braise à repasser jusqu’au quartier Essence au dessus de chez KIBONGE. Il existait un raccourci avant d’arriver chez BUSINGIZI. Ce raccourci allait jusqu’au quartier IGOKI. Le quartier populaire de l’ESSENCE tel que connu aujourd’hui, à la bifurcation route NGWESHE et route UVIRA n’était occupé que par une bananeraie. La très profonde fossé due aux pluies et érosions appelées « Mugezi » au dessus de chez KIBONGE ne s’y était pas encore formée. Tout le quartier BUHOLO 4 et 5 été boisé aux Eucalyptus. La rivière GAUWA sépare BUHOLO et mon nouveau quartier. Nous allions souvent nager dans la GAUWA en amont. Des sources d’eau potables y existaient et c’est là que provenait notre eau de boisson. Notre maison était en terre battue avec une toiture en tôle de tonneaux découpés. C’est le style de construction de l’époque. On peut aujourd’hui encore retrouver ce style sur certaines maisons dans le quartier NYAMUGO lorsqu’on se tient à Major WANGU avec un regard orienté vers Nyamugo. Devant notre maison existait un passage vers IGOKI et nos voisins directs étaient Léonard au dessus et Baba Janvier en face. La femme de baba Janvier s’appelait Isabelle. Janvier était de mon âge et compagnon de tous les jours. Sa petite sœur s’appellais Honorat. C’est là que la rébellion muleliste nous a trouvé. C’était dans l’avant midi, mon grand frère ainé DIEUDONNE s’amusait à faire l’enseignement aux petits amis, il les fouettait à la manière de la vieille époque (il est finalement resté enseignant voici plus de 25 ans). Nous entendîmes subitement et continuellement un retentissement des nombreux coups des balles dans toutes les directions de notre emplacement. Nous nous réfugiâmes à l’intérieur de la maison sous le lit dans la chambre de nos grandes sœurs. Feu maman et mes 2 grandes sœurs se trouvaient au marché de KADUTU. Papa était à la Bralima. Une des balles des rebelles qui avaient choisi de se tenir devant notre domicile avait perforé les tôles de notre maison et s’était retrouvé plus tard dans la chambre de maman que nous avions eu la chance de ne pas occuper. Quelques temps plus tard nous entendions les pas des rebelles derrière la maison, ils s’éloignèrent en criant « May Mulele ». Ils se dirigèrent du coté BUHOLO traversant la rivière GAUWA. C’est dans la même direction que nous entendions quelques temps après des bombardements par avion. Pendant ce temps, chaque personne qui quittait une maison pour une autre devrait se munir d’un drapelet en tissu ou en feuillage et courir en criant « May Mulele » dans le cas contraire, il recevait un coup de balle des rebelles ; contrairement, quiconque courait avec un tel drapelet était assimilé aux rebelles et par conséquent tué par le militaires loyalistes. Je ne saurais pas me souvenir de combien de temps cela avait pris, mais je me rappelle du moment de retour de ma mère et de mes 2 grandes sœurs qui nous racontèrent de nombreux cadavres qu’elles auraient dépassées sur leur chemin de retour au niveau de chez KIBONGE et à NYAMUGO. Une opération de ratissage des rebelles s’était poursuivie pendant quelques jours et toute personne soupçonnée était portée à des destinations inconnues. Je me souviens avoir vu des personnes attrappées et trasportées dans de jeeps recevant des coups de cross sur la bifurcation KADUTU-NYAMUGO chez KIBONGE. Mes souvenirs me propulsent au temps où je poursuivais discrètement ma mère, chaque fois qu’elle devrait se rendre au marché. En arrivant au marché, à sa grande surprise elle me trouvait à ses cotés. Un de ces jours, comme j’en avais déjà pris l’habitude, malgré tout ce qui était utilisé comme moyen de m’en empêcher j’allais me faire écraser par une voiture. Et un autre jour, c’est avec mon grand frère Déo que je me retrouve sur la route de Nyamugo. Je copiais tous ce qu’il faisait, il avait un jour feint de traverser la route, j’avais suivi son mouvement, je ne sais pas exactement comment les choses s’étaient passées mais je me retrouvais devant une voiture laquelle, semble-il le conducteur s’était fortement déployé afin de ne pas m’écraser. Ce chauffeur alla me déposer au commissariat de la police à Kadutu. Je ne sais pas comment mes parents furent retrouvés, ils payèrent une amende pour ma libération. Je crois que c’est la raison qui avait motivé mon déplacement, à l’âge de 5 ans jusqu’à KINIEZIRE (territoire de Kalehe, sud –Kivu), km 118 route BUKAVU-GOMA où vivait mon oncle paternel Mr Eric MATEMBERA. C’est là que je débutais mes études primaires dans une école dénommée « Ecole primaire catholique Fondation Marcel Costier Kiniezire » Chez mon oncle, je vivais avec et partageais le même lit avec son fils de mon âge Mr Apollinaire MATEMBERA connu sous le sobriquet de Poly. Il vit depuis 19 ans à Londres. Avec Poly, on revenait un jour de l’école, chez Mr Costier se trouvait un chien très méchant. C’était notre chemin obligé pour atteindre la maison située près de l’endroit où accostait le bateau. On ne pouvait pas se rassurer si le chien était libre ou ligoté. C’est moi qui fus alors victime de morsure de ce chien. La cicatrice existe jusqu’aujourd’hui comme pour me rappeler toujours de cet événement. Au cours des grandes vacances de juillet, après ma brillante réussite en 2e année, on décidait de ramener à Bukavu pour les vacances. C’est là que, une fois encore, la guerre de Jean SCRAM de 1967 venait me surprendre. Je retrouvai 2 ans après, la même maison et avec le même confort. Une partie de la maison était occupée par ma mère, une autre partie par ma marâtre connue au nom de maman Godé Mwa BILORHO. La guerre de SCRAM durera quant à elle plusieurs mois. C’est d’ailleurs suite à cette guerre que ma mère quitta définitivement Bukavu. Le parcours n’avait pas été facile car plein de risques et des surprises. Nous partions de notre maison à Bukavu aux petites heures matinales quand les coups de balles et des bombardements vécus toute la nuit diminuaient. Avec mes vagues souvenirs, je crois que nous avions longé la rivière Gauwa en amont. On partait par groupes de familles, on rencontrait et/ou on dépassait d’autres groupes ; nous apprenions chaque fois que, soit devant nous soit derrière nous des massacres se faisaient. La plupart de déplacés se dirigeaient du coté de Ngweshe et Kabare. Je me rappelle du temps passé dans la localité de Nyangulube et Kamisimbi, deux noms qui sont resté gravés dans ma mémoire depuis l’âge de 8 ans. A Kamisimbi, nous devrions avoir passé quelques temps. Maman se rendais je ne sais où, elle ramenait de la viande, de la farine et autres soit disant une ration pour les déplacés de guerre. Nous avons vécu à Kamisimbi avec plusieurs autres familles. A coté de nous se trouvais un lambeau forestier, on l’appellait « Muzirhu » en mashi, qui signifie forêt. Nous y allions soit jouer, soit ramasser du bois mort pour le feu. Les maisons à Kamisimbi étaient des hutes construites à base des Hyparrhenia ssp, l’intérieur était tapissé du « Bukere » Deschapsia flexiosa. A moindre coup de flamme, on récolte du cendre. Sur ce site de Kamisimbi, j’ai connu un petit ami Charles dont le nom est également resté gravé dans ma mémoire suite à une mésaventure partagée avec lui. Nous avions pris l’habitude de nous rendre dans le « Muzirhu » pour jouer à la balançoire sur un tronc d’arbre tombé. Un jour, à mon tour de jouer, je me retrouvais projeté, en déphasage avec le mouvement du tronc d’arbre, je me retrouvai par terre, le tronc d’arbre avait heurté mon bras gauche, j’entendais le bruit de quelque chose qui se cassait en moi. C’était l’os de mon avant bras gauche. J’observai que le bras gauche était devenu plus court que d’habitude. Charles se précipita à tirer mon bras, lui, avais probablement compris avant moi ce qui s’était passé. Il était probablement plus âgé que moi. Aussitôt, le bras avait repris sa longueur normale. Nous nous convînmes de ne rien dire à la maison. Je pensais que tout était terminé car jusque là je ne ressentais aucune douleur. Je n’avais aucune moindre idée sur un os cassé, jamais vu ou entendu parler d’un os cassé. Dès le retour à notre loge je me rendais tout droit au lit et c’est là que les douleurs commencèrent à se manifester et plus tard elles étaient devenues atroces. J’avais un air très douloureux mais les cris se faisaient entendre discrètement. Ceci n’avait pas manqué à attirer l’attention des adultes et particulièrement de ma mère. Ils se fatiguèrent de me demander ce qui se passait car ma physionomie était toute pâle. Notre consigne, moi et Charles, était de ne rien dire, de peur d’être réprimandé. Ma seule réponse était : je dormais et finalement j’ai commencé à ressentir mal au bras. Le bras venait finalement de gonfler. Seule ma marâtre avait pu deviner que je me serais cassé l’os mais, elle ne pouvait pas s’imaginer où et comment les choses se seraient passées. Tous les autres adultes pensaient au « Mugereko », mauvais sort jeté contre moi. J’avais détesté ma marâtre pour avoir dévoilé ce secret que moi et mon ami avions décidé de cacher, pourtant c’est elle qui fera tout pour me soigner de manière indigène. Que son âme repose en paix.

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